Expérimentation de  l’Obligation de Débarquement sur des chalutiers de Manche Est – Mer du Nord

Problématique : 
Obligation de débarquement
Etat : Terminé
Période :  2014-2015

 

Financeurs :

France Filière Pêche et la Région Nord – Pas de Calais

logo France Filière pêche _ Comité des pêches Nord Pas-de-Calais Picardie
LogoRégion _ Comité des pêches Nord Pas-de-Calais Picardie

PROJET

Dans le cadre de la réforme de la Politique Commune des Pêches, les navires de pêche vont dorénavant devoir débarquer l’ensemble des captures d’espèces sous quota. En fonction des pêcheries et des espèces, cette évolution réglementaire doit être appliquée à partir du 1er janvier 2015 et au plus tard le 1er janvier 2019.

Cette nouvelle réglementation sera particulièrement complexe à appliquer pour les flottilles ciblant une grande diversité d’espèces telles que les chalutiers de fond en Manche Est – Mer du Nord.

EODE rassemble plus d’une dizaine de partenaires. Le but est de mutualiser les connaissances et les moyens afin de trouver des solutions adaptées à chaque étape, de la pêche à la transformation à terre.

MÉTHODE

L’intérêt du programme EODE est de mettre en place une expérimentation pilote en condition réelle d’obligation de débarquement pour le navire et l’équipage :

  • Évaluer l’impact de l’obligation sur le pêcheur, la flottille et les infrastructures terrestres,
  • Identifier les problèmes techniques et administratifs en mer comme à terre,
  • Tenter de réduire les captures non désirées de la pêcherie par adaptation de la stratégie de pêche,
  • Rechercher des solutions pour limiter l’impact socio-économique de cette mesure.

Pour répondre à l’ensemble de ces objectifs, le protocole du programme EODE est divisé en deux phases :

  • une phase MER qui consiste à réaliser des marées expérimentales en condition d’obligation de débarquement sur deux chalutiers : l’un de 23 mètres de long, l’autre de 12 mètres, afin de : caractériser les captures, évaluer les contraintes techniques, économiques et sociales et tester comment adapter la stratégie de pêche pour diminuer les rejets.
  • une phase TERRE, afin de trouver des solutions de gestion des captures non-désirées en terme de logistique portuaire à la valorisation des poissons, afin d’avoir des activités économiques rentables.

RESULTATS

Les proportions de captures non désirées sous quotas, observées lors des marées EODE, s’accordent avec des ordres de grandeurs du programme OBMSER entre 22 et 55 %. Selon les métiers pratiqués et les saisons de pêche, cette part de captures qu’il faudra bientôt rapporter à terre est plus ou moins conséquente.

Les navires de taille inférieure à 18 mètres semblent davantage concernées par le problème de l’OD en terme de quantité et de temps de travail supplémentaire à bord.

Les navires de plus de 18 mètres sont impactés de façon conséquente à certaines périodes de l’année. Il existe une grande variabilité saisonnière en quantité comme en nombre d’espèces débarquées. D’après les données EODE, la criée de Boulogne-sur-Mer pourra gérer  selon les mois entre 20 à 600 tonnes supplémentaires de quantité de captures non-désirées sous quota.

L’expérimentation de l’OD en conditions réelles, montre combien il est ardu, notamment pour les flottilles plurispécifiques, de parfaire les stratégies de pêche afin de ne plus pêcher de prises non désirées sous quotas. De nos jours, ces captures sont inhérentes à certains métiers de la pêche, si bien qu’à moyen terme certaines d’entre elles semblent inévitables. A long terme cependant, le développement et le perfectionnement de nouvelles stratégies de pêche moins génératrices de captures non désirées sont envisageables, mais ces processus sont lents et relativement coûteux.